Sainte Barbe, l’éternelle patronne de tout ce qui brûle, éclate, fulgure et détonne.
Le 4 décembre, sainte Barbe est fêtée bruyamment par les artilleurs, les artificiers, les mineurs et une quarantaine d’autres corporations, car il est dit dans le “Credo” des anciens couleuvriniers d’Amiens : “Sainte Barbe est toujours l’éternelle patronne - De ce qui brûle, éclate, fulgure et détonne.” Les Sapeurs-Pompiers ne pouvaient mieux choisir leur patronne !
Sainte Barbe est née vers 235 à Nicodémie, en Asie Mineure.
Son père Dioscore, noble et riche païen, régnait en odieux tyran.
Les Chrétiens étaient l’objet de ses plus farouches persécutions.
Sa propre fille, Barbe, avait été séduite pas la religion des chrétiens, sans doute parce qu’elle y trouvait un refuge contre les moeurs brutales de son époque et celles de son père.
Dioscore, furieux, la fit en fermer sous bonne garde dans une tour. Ce qui ne fit que la renforcer dans ses convictions.
Au cours d’une absence de son père, elle réussit, au prix de mille ruses, à déjouer la garde et à faire pénétrer un prête dans sa tour, lui demandant de lui administrer le baptême.
Au retour du roi, elle lui annonça hardiment sa conversion. Celui-ci, après une violente colère, lui ordonna d’abjurer cette religion qu’il combattait obstinément. Elle refusa. Alors, il la fit mettre en prison, charger de fers, priver de toute nourriture.
Cela ne servit à rien, Barbe n’abjura pas. Il la fit juger condamner au supplice. Elle ne céda toujours pas. Pendant trois jours, sans une plainte, elle subit les tortures les plus atroces.
Son père réclama le triste sort de la décapiter lui-même. Mais, alors qu’il accomplissait ce geste horrible, le tonnerre gronda soudain dans le ciel et la foudre s’abattit sur le père indigne.
C’est pourquoi sainte Barbe était évoquée au Moyen Age contre la foudre et devint même patronne des prisonniers en souvenir de la tour où l’avait enfermée son père.
De curieuses traditions populaires sont liées à son culte. Autrefois, on plaçait des effigies de la sainte dans les poulaillers pour les préserver de la foudre.
En Saône-et-Loire, on faisait un pèlerinage pour le bétail dans une chapelle à elle consacrée.
En Provence, une vielle coutume voulait que des grains de blé soient placés dans une assiette remplie d’eau le matin du 4 décembre. Si le blé avait germé pour Noël, c’était le présage d’une récolte abondante. On associait ainsi sainte Barbe aux réjouissances de la fête de Noël. Son nom a été retiré du calendrier romain vers 1970 mais le 4 décembre reste la date à laquelle est honorée sainte Barbe.



