Des “vigiles” aux sapeurs-pompiers
La profession de sapeurs-pompiers semble avoir toujours existé. Quelle évolution depuis son apparition ? Petit historique.
Il faut remonter à l’Antiquité pour retrouver la trace des premiers pompiers. C’est en effet sous l’empire romain qu’apparurent en Gaule des “vigiles” ou gardes d’incendie, notamment à Nîmes (Nemausus à l’époque).
Toutefois si l’on considère la France dans ses frontières actuelles, les services d’incendie y devinrent vraiment organisés vers 1250-1300.
En effet, pour lutter contre le feu d’une manière plus rationnelle, les premières ordonnances de police faisant allusion à une tactique d’extinction sont prises.
Les communes font appel aux corporations alors très structurées, bien encadrées par des maîtres, mais dont l’éventail se limite évidemment aux métiers du bâtiment, du cuir... aux artisans-commerçants.
Le service devient alors obligatoire, s’effectuant sous la contrainte d’amendes, voire de prison.
Cependant s’ils sont réquisitionnés, ils sont rétribués après une intervention. Ce service obligatoire perdura jusqu’à la révolution qui supprima les “corporations”.
Le début du XIXème siècle marque un tournant dans l’histoire des sapeurs-pompiers.
Une circulaire ministérielle de 1815 pose les premières bases d’une relative uniformisation du corps et de l’emploi des sapeurs-pompiers en France.
En 1831, une loi autorise les communes où est implantée la Garde nationale à consacrer une partie de ses effectifs à la lutte contre l’incendie.
A compter de cette date, la Garde nationale possède deux corps : un corps armé chargé du service d’ordre, les “volontaires”, et un corps de pompiers appelé très vite “municipal” puisque entretenu et payé par la municipalité.
C’est à cette époque que l’uniforme des sapeurs-pompiers devient obligatoire.
Lors de la dissolution de la Garde nationale, en 1852 par Napoléon III, les compagnies de sapeurs-pompiers subsistent.
Lors de l’instauration de la IIIème république, les sapeurs-pompiers deviennent des civils (à l’exception des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris) même s’ils peuvent toujours se réunir en armes, avec l’autorisation du ministre de la Guerre (décret “Freyssinet” du 29 décembre 1875).
En 1881, est créée la “Fédération des officiers et sous-officiers de sapeurs-pompiers de France et d’Algérie”. Cette association changera plusieurs fois de nom pour devenir en 1907, la “fédération nationale des sapeurs-pompiers français”.
Le décret du 13 août 1925 apporte un véritable bouleversement en “désarmant” les sapeurs-pompiers qui dépendent désormais exclusivement du ministère de l’Intérieur, exceptées, les municipalités de Paris et Marseille. Ces dernières ont chacune un corps militaire de sapeurs-pompiers, suite à des incendies historiques. (voir encadré : le statut particulier des Pompiers de Paris et Marseille).
Avec les années, l’organisation des corps des sapeurs-pompiers et les statuts même de ses personnels vont être réglementés. En 1955, les services départementaux d’incendie et de secours sont placés sous la responsabilité d’un inspecteur départemental.
Après plusieurs modifications et transformations, c’est la loi du 3 mai 1996 qui régit aujourd’hui les SDIS.
La France compte aujourd’hui 237 600 sapeurs-pompiers qui se répartissent : 193 600 sapeurs-pompiers volontaires et 33 500 sapeurs-pompiers professionnels (dont 14 000 femmes) 10 500 militaires (7 000 Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris -BSPP - , 2 000 Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille -BMPM-, 1 500 Unité d’Intervention et d’Instruction de la Sécurité Civile - UIISC-), lesquels effectuent 3 millions 612 interventions par an, soit 9 900 par jour, ou encore 1 intervention toutes les 9 secondes.



